D’outil spéculatif, l’intelligence artificielle (IA) est devenue une composante centrale de la technologie réglementaire (RegTech). Dès lors, les établissements financiers sont confrontés à une question fondamentale : les équipes humaines chargées de la conformité sont-elles désormais superflues ?
Lors du sommet CATALYST 2025, des experts de Mollie, Monzo Bank, PwC et ComplyAdvantage se sont réunis pour débattre de cette mutation. Leur consensus a été clair : l’avenir de l’intégrité financière n’est pas un jeu à somme nulle « humain contre machine » mais marque l’entrée du secteur dans une ère d’automatisation « dirigée par l’humain ». En faisant de l’IA un « collègue numérique », les établissements peuvent s’affranchir de processus cloisonnés réactifs pour se doter d’une défense proactive évolutive contre la criminalité financière mondiale.
Voici cinq raisons pour lesquelles l’IA est conçue pour donner davantage de moyens au professionnel moderne chargé de la conformité, et non pas pour le remplacer.
1. L’IA automatise le traitement du bruit pour permettre aux humains de se concentrer sur les subtilités des alertes
Les responsables opérationnels ont longtemps remis en cause la relation linéaire entre développement de l’activité et coûts de mise en conformité. Traditionnellement, la croissance de l’activité passait par un renforcement des effectifs, mais l’IA vient rompre ce cycle en filtrant à grande vitesse les alertes répétitives de faible intérêt.
Nous avons constaté une évolution vers une perspective plus orientée IA qui permet de mieux identifier les commerçants à haut risque. Les analystes gagnent ainsi du temps et peuvent se concentrer sur les cas complexes.
Dane Pedro, Head of UK Compliance and MLRO at Mollie
En confiant à leurs collègues numériques le filtrage «du signal à partir du bruit », les équipes humaines sont libérées de la « spirale des tableurs ». Au lieu de devoir gérer dix onglets différents, les analystes peuvent mettre leur expertise au service d’enquêtes à enjeux élevés qui nécessitent une analyse contextuelle détaillée.
2. Les humains apportent l’empathie dont l’IA n’est pas capable
Si l’IA est remarquablement efficace pour classer les crimes financiers par type et rédiger des réponses rapides, il lui manque l’intelligence émotionnelle nécessaire pour les cas sensibles. Le panel d’intervenants a souligné que, certes, l’IA peut identifier une « arnaque sentimentale » ou un profil de « client vulnérable », mais qu’un contact humain est indispensable pour accompagner ensuite correctement les personnes concernées.
Directeur de la lutte contre la criminalité financière chez Monzo, Alex Clayden a précisé que certains processus, comme ceux qui impliquent des réfugiés ou des clients qui vivent dans des abris, ont besoin d’un niveau de « considération humaine » qu’une machine ne peut pas simuler. L’IA sert d’infrastructure de support pour identifier les caractéristiques d’une arnaque en quelques secondes, mais c’est l’humain qui fournit le niveau d’attention requis pour protéger la relation avec le client et la réputation de l’établissement.
3. Un esprit critique est nécessaire pour lutter contre la criminalité en tant que service (CaaS)
Le paysage des menaces « se démocratise ». Les criminels peuvent désormais acheter des kits de ransomware pour 40 dollars ou utiliser l’IA générative (GenIA) pour traduire des arnaques dans des langues pour lesquelles la barrière linguistique rendait auparavant les taux de fraude assez faibles, le japonais par exemple. Pour combattre un adversaire maîtrisant l’IA, les établissements ont besoin d’une défense agile qui associe précision technologique et intuition humaine.
Nous avons trouvé de nouveaux moyens créatifs pour permettre à nos collaborateurs d’utiliser leur cerveau afin de prendre plus vite des décisions plus complexes. Nous utiliserons l’IA non pas pour remplacer nos employés, mais plutôt pour les décharger des alertes de faible valeur et des tâches répétitives.
Alex Clayden, Senior Financial Crime Manager at Monzo
La précision est ici la fonctionnalité-clé. La mauvaise configuration d’un modèle risque de porter préjudice à mille clients honnêtes pour attraper trois acteurs malveillants. Les experts humains sont incontournables pour affiner ces modèles, garantissant ainsi un résultat d’une précision chirurgicale au lieu de devoir « brûler la meule de foin » pour trouver une aiguille.
4. La responsabilité et la gouvernance doivent rester dirigées par l’humain
L’évolution du paysage réglementaire du rôle de gardien à celui de facilitateur figure parmi les sujets importants abordés lors du sommet CATALYST. Au Royaume-Uni, la FCA utilise aujourd’hui des « bacs à sable en direct » pour que les établissements financiers puissent réaliser des tests en temps réel. Cependant, malgré ces avancées, les autorités de réglementation continuent d’exiger une responsabilité humaine.
Le succès d’un système agentique dépend de la gouvernance dirigée par l’humain. L’explicabilité doit notamment être garantie : si un humain ne sait pas expliquer pourquoi une IA a pris une décision particulière, l’établissement n’est plus en conformité. Comme l’a fait remarquer le panel d’intervenants, « nous devons traiter les agents IA comme nous traitons les nouvelles recrues », en les soumettant à une période d’essai, à une observation continue et à des analyses de performances pour vérifier qu’ils fonctionnent bien dans les limites de l’appétit pour le risque d’un établissement.
5. Les professionnels modernes de la conformité deviennent des « responsables IA »
De simple analyste de données, le responsable Conformité évolue vers un rôle de stratège. Les intervenants ont comparé l’évolution actuelle de l’IA à l’arrivée de la messagerie électronique il y a quelques décennies : les entreprises n’ont pas recruté de « Responsable email », mais tous les membres du personnel ont appris à utiliser cet outil pour travailler plus vite.
Faites le nécessaire auprès de vos collaborateurs et donnez-leur des parcours d’apprentissage qui les préparent au monde de demain. Dans 10 ans, la conformité à la lutte contre la criminalité financière sera très différente de ce qu’elle est aujourd’hui.
Iain Armstrong, Executive Director, FCC Strategy at ComplyAdvantage
Au lieu de passer des heures à saisir des données manuellement, le professionnel d’aujourd’hui supervise une « myriade de technologies » en utilisant des plateformes natives IA pour unifier les données et confier les menaces les plus critiques à des agents IA.
Passez à un modèle de conformité humain + agentique
ComplyAdvantage Mesh offre une remédiation automatisée des dossiers 24 h/24 et 7 j/7, libérant les équipes conformité des tâches à faible risque et n’escaladant que les cas ambigus, afin que l’expertise humaine se concentre sur les sujets qui requièrent de l’intuition et un jugement moral
Demander une démoPublié initialement 02 mars 2026, mis à jour 02 mars 2026
Avertissement : Ce document est destiné à des informations générales uniquement. Les informations présentées ne constituent pas un avis juridique. ComplyAdvantage n'accepte aucune responsabilité pour les informations contenues dans le présent document et décline et exclut toute responsabilité quant au contenu ou aux mesures prises sur la base de ces informations.
Copyright © 2026 IVXS UK Limited (commercialisant sous le nom de ComplyAdvantage)

