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Que pensent 600 de vos pairs sur la criminalité financière en 2026?

2025 a été une année charnière pour l’application de réglementations relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LCB-FT). La portée, la technicité et l’intention stratégique des amendes réglementaires ont évolué en cette année où le montant total des pénalités infligées a augmenté.

Cet article examine les plus grosses amendes LCB-FT prononcées en 2025 par secteur. Il documente les manquements réglementaires qui les ont motivées, les principaux points que les établissements doivent améliorer et les nouvelles réglementations à connaître pour 2026. 

Amendes LCB en 2025

Si les amendes sanctionnent d’ordinaire des manquements réglementaires datant de plusieurs années, les amendes les plus lourdes infligées en 2025 concernent les secteurs suivants : 

1. Cryptomonnaies – plus de 1 milliard de dollars d’amendes

Condamné à la deuxième plus lourde amende LCB de 2024, le secteur des cryptomonnaies occupe la première place en 2025, avec plus de 927 millions de dollars d’amendes prononcées au cours du seul premier semestre par différentes autorités de réglementation à travers le monde. Alors que l’une des plus importantes bourses de cryptomonnaies au monde a été condamnée à une pénalité massive de 504 millions de dollars, des amendes allant de 20 millions d’euros à près de 300 millions de dollars ont été infligées à d’autres plateformes importantes aux États-Unis et en Europe. La plus grosse affaire de l’année 2025 concerne une plateforme d’échange de premier ordre qui a plaidé coupable d’avoir géré une activité de transfert de fonds sans licence et d’avoir failli à maintenir un programme LCB performant. Les autorités réglementaires ont sanctionné notamment les manquements graves suivants :

  • Avoir adopté une mentalité de « croissance à tout prix » qui a conduit la plateforme à ne pas déployer de procédure adaptée de connaissance client (KYC), de vérification d’identité ou de filtrage par rapport aux listes de sanctions avant d’entrer en relation d’affaires avec plusieurs millions d’utilisateurs
  • Avoir permis à des utilisateurs domiciliés dans des juridictions sous sanctions de réaliser des transactions, sans avoir procédé à un géoblocage efficace
  • Ne pas avoir déposé de déclarations d’activité suspecte (SAR) concernant plusieurs milliards de dollars de transactions suspectes

2. Banques et organismes de crédit immobilier – plus de 200 millions de dollars d’amendes

Au Royaume-Uni et en Europe, des banques se sont vues infliger des pénalités lourdes en 2025 pour un montant total estimé à plus de 200 millions de dollars. Une importante société de crédit immobilier a été condamnée à une amende de 44 millions de livres sterling en décembre 2025 pour des lacunes systémiques concernant ses contrôles liés à la criminalité financière. De l’autre côté de la Manche, une amende de 2,6 millions d’euros a été infligée à une banque concurrente pour des manquements graves en matière de profilage des risques clients et de surveillance des transactions. Les autorités de réglementation ont sanctionné les principales défaillances suivantes :

  • La dépendance envers des systèmes propriétaires désuets qui n’ont pas permis de détecter des caractéristiques suspectes évidentes, par exemple l’arrivée sur des comptes personnels de paiements tiers se chiffrant en millions
  • L’utilisation de données en silos ne permettant pas d’obtenir une vue unifiée des différents produits bancaires
  • Un manque de personnel pour rattraper les arriérés d’alertes sur les transactions, ce qui a fortement retardé le signalement d’activités de blanchiment potentielles

3. Paiements et FinTechs – plus de 160 millions de dollars d’amendes

Des FinTechs et des prestataires de services de paiements (PSP) opérant au Royaume-Uni et aux États-Unis ont été condamnés à un total de plus de 160 millions de dollars d’amendes en 2025 pour ne pas avoir empêché l’utilisation de comptes pour réaliser des opérations frauduleuses et de blanchiment d’argent. Une amende de 21 millions de livres sterling a été infligée à un établissement britannique qui ne s’était pas conformé à son obligation de vigilance à l’égard de clients à haut risque, les autorités réglementaires faisant remarquer que les clients avaient pu contracter en renseignant des adresses fantaisistes.

De plus, un géant des FinTechs s’est acquitté d’un total de plus de 120 millions de dollars d’amendes et de règlements judiciaires auprès des autorités réglementaires fédérales et d’État pour des fautes semblables, notamment pour un manque de surveillance des transactions en cryptomonnaies. Ces manquements concernaient entre autres :

  • Un délai d’acquisition de nouveaux clients plus rapide que celui prévu par l’infrastructure de conformité, sacrifiant ainsi la sécurité au profit d’une entrée en relation d’affaires présumée sans heurt
  • Une dépendance excessive envers des outils automatisés d’entrée en relation d’affaires, sans supervision humaine suffisante pour les cas à haut risque
  • L’incapacité à empêcher l’utilisation de comptes par des réseaux criminels pour des activités frauduleuses et de transfert de fonds illicites

4. Négoce et courtage – plus de 50 millions de dollars d’amendes

Davantage surveillé en 2025, le secteur des valeurs mobilières et du négoce a été condamné à près de 50 millions de dollars d’amendes au total à travers le monde. Un éditeur d’applications de courtage de renom a accepté de verser près de 30 millions de dollars pour régler une affaire judiciaire concernant des systèmes LCB inadaptés et des failles de cybersécurité. Les autorités de réglementation ont constaté que l’entreprise avait tardé à déposer des déclarations SAR, notamment pendant des périodes de haute volatilité du marché financier lorsque les volumes négociés ont augmenté. L’instruction a fait apparaître que :

  • Les systèmes de conformité ont été débordés par des pics de négociation « d’actions mèmes » (actions populaires au comportement boursier déconnecté de ses fondamentaux), entraînant ainsi des retards de signalement critiques
  • La gestion des alertes a été retardée parce que les équipes chargées de la conformité étaient en sous-effectif pendant les pics de marché
  • La surveillance manuelle des transactions n’a pas été remplacée par des systèmes automatisés adaptés à la taille de l’entreprise

5. Jeux d’argent – plus de 22 millions de dollars d’amendes

L’industrie des jeux d’argent a de nouveau fait l’objet de mesures répressives sévères de la part des régulateurs en 2025. En effet, il a été établi que des établissements de jeux avaient échoué à : 

  • Évaluer efficacement les clients, les produits et les risques géographiques de criminalité financière
  • Exercer correctement leur obligation de vigilance à l’égard de la clientèle
  • Identifier l’origine des fonds pour les ententes commerciales

Le montant total aurait dû être encore plus élevé, mais l’un des établissements concernés a préféré quitter le marché britannique plutôt que de s’acquitter d’une amende de plusieurs millions de livres sterling pour manquements graves à la réglementation LCB. Différentes batailles d’envergure entre les autorités de réglementation et les établissements de jeux d’argent doivent également trouver leur conclusion en 2026. Dès lors, le secteur pourrait se classer encore plus haut dans le classement l’année prochaine.

Les violations des règles LCB sanctionnées par les plus fortes amendes

Les amendes réglementaires prononcées contre des établissements financiers à travers le monde ont augmenté de 417 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024, ce qui représente environ 1,23 milliard de dollars. Cette hausse importante est principalement liée à une nouvelle vague répressive contre le secteur des actifs numériques.

Il ressort d’une analyse intersectorielle de 2025 que les manquements spécifiques suivants ont uniformément conduit aux sanctions les plus dures :

  • Une surveillance inefficace des transactions : Les amendes les plus élevées ont souvent été motivées en raison de problèmes de surveillance des transactions, les établissements étant condamnés pour incapacité à configurer des scénarios permettant de détecter des typologies complexes de blanchiment
  • Des défaillances de gouvernance et de supervision : Les autorités de réglementation ont sanctionné des établissements dont les dirigeants n’ont pas pu prouver la supervision de leurs programmes LCB
  • Des failles en matière de vigilance à l’égard de la clientèle (CDD) : En particulier l’incapacité à identifier les bénéficiaires effectifs ultimes (UBO) et l’origine des fonds pour les clients à haut risque
  • Des défauts de filtrage des sanctions : Alors que les tensions géopolitiques s’amplifient, le défaut de filtrage par rapport à des listes de sanctions dynamiques a donné lieu à des pénalités immédiates et graves

Principales évolutions de la réglementation LCB en 2025

Futures réglementations LCB à surveiller

  • Nouveaux secteurs réglementés : À partir de mi-2026, les professions juridiques, les comptables et les professionnels de l’immobilier en Australie seront assujettis à des obligations de déclarations dans le cadre de la LCB.
  • Mauvaise conduite non financière : Au Royaume-Uni, de nouvelles recommandations de l’Autorité britannique de régulation des marchés financiers (FCA) doivent entrer en vigueur en septembre 2026. Elles relieront explicitement toute mauvaise conduite non financière (intimidation et harcèlement par exemple) aux évaluations d’honorabilité et de compétence, ce qui impactera la fonction de conformité.
  • IA et transparence algorithmique : Il est probable que les futurs cadres réglementaires de l’UE et des États-Unis imposeront l’explicabilité pour les décisions LCB prises par l’IA, obligeant ainsi les établissements à démontrer par exemple pourquoi un algorithme a signalé (ou n’a pas signalé) une transaction spécifique.

Comment éviter des amendes LCB en 2026

En 2026, seule une approche proactive pilotée par la technologie permettra d’éviter des actions répressives. Dans le cadre de votre stratégie de conformité, vous devriez donc : 

  • Procéder à des évaluations dynamiques des risques : Oubliez les tableurs statiques annuels. Votre évaluation des risques doit être dynamique, à jour, actualisée en permanence et en temps réel dès lors que votre établissement se déploie sur de nouveaux marchés ou lance de nouveaux produits.
  • Investir dans l’IA explicable : L’automatisation est essentielle, mais vous devez pouvoir expliquer aux autorités réglementaires le raisonnement derrière toute décision prise par votre système LCB, ce qui signifie qu’une boîte noire IA peut engager votre responsabilité en matière de conformité.
  • Unifier vos données : Veillez à ce que vos systèmes de KYC, de surveillance des transactions et de filtrage des sanctions communiquent efficacement entre eux. Les données cloisonnées sont la principale cause de non prise en compte des signaux d’alerte.
  • Donner plus de moyens à votre équipe Conformité : Assurez-vous que votre Responsable de la communication des informations relatives au blanchiment d’argent (MLRO) est en contact direct avec le Conseil d’administration et qu’il dispose de ressources suffisantes pour remplir sa mission, les failles de gouvernance étant souvent sanctionnées par les autorités de réglementation aussi sévèrement que les failles techniques.
  • Vous préparer aux échéances réglementaires : Si votre établissement est concerné par les évolutions réglementaires décrites ci-dessus, adaptez votre cadre de conformité dès maintenant car si vous attendez la date-limite en 2026, il sera alors trop tard.

L'état de la criminalité financière 2026

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Publié initialement 17 février 2026, mis à jour 17 février 2026

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